Bonjour Paul ! Tu vas participer à la conférence NellyRodi « Beau ? Nouvelles définitions, nouvelles incarnations » du 27 juin matin, et nous avons hâte de t’entendre !
On commence avec une question un peu philosophique : quelle place occupe le beau dans ta vie ?
Lorsque je découvre une oeuvre, un objet, un territoire, une personne, je m’intéresse aux détails avant de voir la vue générale. A mon sens, ce sont souvent dans ces détails – voire ces imperfections – que réside la beauté.
J’aime beaucoup les paysages à l’arrière-plan des peintures, le chat au regard étrange dans l' »Olympia » de Manet, l’accord dissonant dans les derniers instants de la Passion Saint Matthieu de Bach ou l’énergie pure d’un son de drill.
Est-ce-que tu peux nous raconter la dernière fois que tu as été subjugué par la beauté de quelque chose ou de quelqu’un ?
Le mois dernier durant un jour pluvieux, j’ai exploré une forêt. J’étais totalement seul, j’ai croisé plusieurs animaux, et d’un coup le soleil a percé à travers les branches. J’ai été saisi durant plusieurs minutes par la beauté et le silence de la scène, par la lumière qu’on voyait et celle qui demeure invisible.
Tu utilises la technologie pour créer des œuvres d’art, est-ce-que tu dirais que les algorithmes peuvent apporter du beau au monde ?
Je ne pense pas que les algorithmes seuls soient suffisants pour apporter de la beauté au monde lorsqu’ils sont utilisés dans la pratique artistique, tout comme un pinceau seul n’est pas suffisant en peinture. Certes, la technologie ouvre de nouvelles perspectives, est capable de digérer de grands volumes d’informations, offrant une forme de sérendipité supplémentaire à l’artiste. Mais c’est l’artiste qui, par des successions de choix et de maladresse, engendre les aspérités auxquelles s’attachent, par la suite, les visiteurs.