aurèce vettier

AD.VM.AV.IA with Vera Molnár

2023 — Simili-gravures sur papier, impressions piézographiques, installation lumineuse

AD.VM.AV.IA, de l'autre côté du polyèdre (1514-2023)

À partir d'un détail (la représentation d’un polyèdre) de la gravure Melencholia (1514) d'Albrecht Dürer, Vera Molnár et aurèce vettier ont imaginé une installation assistée par une Intelligence Artificielle.
AD.VM.AV.IA est donc l'acronyme des protagonistes à l'œuvre dans la création de cette installation montrée à l'espace du Transfo pour la Nuit Blanche 2023.

Cette collaboration inédite entre Vera Molnár et aurèce vettier est née d'une fascination commune pour cette célèbre gravure et plus précisément pour le polyèdre énigmatique qu'elle contient, qui domine le côté gauche de la gravure.

En se plaçant de l'autre côté du polyèdre de Dürer, que pourrions-nous voir ? Cette question tout aussi géométrique que poétique posée par les deux artistes fût l'occasion d’instaurer un dialogue et de générer des formes.

En assemblant des algorithmes d'intelligence artificielle, entraînés sur le corpus d'Albrecht Dürer et ses croquis préparatoires, et en faisant levier sur leurs capacités génératives, aurèce vettier a ainsi proposé à Vera Molnár un véritable dataset : des simili-gravures d'un genre invu déclinant plusieurs dizaines de formalisations spéculatives, imaginées du point de vue d'un spectateur placé derrière le polyèdre.

Apparaissent alors des espaces plus ou moins ambigus : sous des voûtes, à proximité d’arcades, encadrés d’arbres ou de colonnes, intérieurs monacaux ou paysages peuplés de plantes et d’animaux aux formes étonnantes, témoins de phénomènes atmosphériques qui ne le sont pas moins.

La lumière, alternativement solaire ou lunaire génère des ombres et des reflets extrêmement variés qui accompagnent ou perturbent, glacent ou réchauffent, ponctuent ou désorganisent les surfaces de ce mystérieux objet mais livrent, au centre, la figure fantasmatique recherchée, espérée : la face cachée du polyèdre.

En entrant dans la gravure de Dürer pour en retourner avec l’IA cet élément qui les a tous deux fasciné, les artistes ont sélectionné ensemble 16 variations de la face cachée du polyèdre se conformant le plus à la complexe motivation de leur attente commune : celle d’être surpris et enchantés.

Enfin, dans le cadre de la Nuit Blanche, c’est sous une paradoxale Lumière Noire que seront dévoilées également trois structures de polyèdres réduites à leurs arêtes fluorescentes, dégagées de tout contexte figuré, pour proposer aux arpenteurs de la nuit une autre manière encore de voir, de ressentir l’étrangeté de ces formes et que de ce partage, de cette expérience, naisse le désir pour chacune et chacun de communiquer ce que leur font ces images : quelle impression ?

Curation et texte par Vincent Baby

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