Retours vers le futur : le Mac de Lyon revient aux racines du numérique pour ses expositions de printemps, "Univers programmés" et "Echos du passé, promesses du futur.
Au rez-de-chaussée, vous trouverez d'abord un mur d'images de la Biennale d'art contemporain de 1995, toute première Biennale dite "numérique". On est au temps du Minitel – pas encore rose – de Ghost in the Shell, de Cronenberg ou bientôt de Matrix. Les corps commencent à rêver de connexions et d'avatars virtuels, mais les nouvelles technologies n'en sont encore qu'à leurs balbutiements, arcanes pas encore entrées dans nos vies quotidiennes. Quelles relations ont entretenu les artistes avec les nouvelles technologies des années 90 à aujourd'hui ? Tel est le thème des nouvelles expositions du Mac réparties sur trois étages, destinées avant tout à valoriser les œuvres de la collection du musée, pionnières en la matière.
Le Mac de Lyon, du Jacquard au pixel
La Traversée de la forêt d'Aurèce Vessier, Savoie, 1990.
"Du Jacquard au pixel", tel a failli être le titre d'Échos du passé, promesse du futur, premier volet du parcours qui exhume La Traversée de la forêt, les superbes tapisseries d'Aurèce Vessier, nom de code de Paul Mouginot qui travaillait dès 1990 en Savoie sur ce projet artistique généré par de l'intelligence artificielle. "La nature sublimée par le numérique", telle est la thématique douce et colorée du premier étage, largement pourvue d'œuvres contemporaines inédites.
Le rhinocéros pixélisé en ouverture de l'exposition.
Rhinocéros pixélisé, vélo ou trampoline, les premières œuvres interactives offriront à vos enfants de quoi s'occuper. Mais les "Univers programmés" du deuxième étage assument leur côté vintage : vieux ordis, vieux fauteuils, vieilles consoles, bienvenue dans les arcanes des jeux vidéo, façon "art concret" ! Un vrai retour vers le futur, passionnant pour les geeks connaisseurs mais un peu profus et confus pour les autres…
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Constant Dullaart, pionnier de l'art numérique
Jennifer in Photoshop de Constant Dullaart (2014, DR).
On passera sur la démagogie de Raphaël Fabre et son Deepfake de Zemmour et Darmanin (sans doute choisis par hasard…), pour garder le meilleur : Constant Dullaart, génial artiste berlinois de 45 ans qui expose, en 4m sur 2, le premier copier-coller de l'histoire : l'image vacillante et démultipliée de l'épouse adorée du patron de Photoshop sur la plage de Bora Bora ! Ou comment rejoindre encore la nature… en forme de pixels. Un peu plus loin, son étreinte manuelle aux drôles de doigts nous rappelle que l'intelligence artificielle, encore aujourd'hui, n'a pas résolu la reproduction de nos mains, humaines trop humaines. Heureusement, les premières œuvres interactives (vélo, trampoline ou rhinocéros) offriront à vos enfants de quoi s'occuper.